Pour une candidature de rassemblement de la gauche de rupture

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Présidentielles 2027 : le NPA-l’Anticapitaliste a choisi de s’engager pour une candidature de rassemblement de la gauche de rupture

Le comité exécutif du NPA-l’Anticapitaliste

 

Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, une Conférence nationale (CN) du NPA-l’Anticapitaliste s’est réunie le 27 juin 2026. Vu le risque d’une victoire de l’extrême-droite, le NPA-l’Anticapitaliste a décidé de travailler à la mise en place d’une candidature de rassemblement de la gauche de rupture et d’appeler toutes les forces politiques, syndicales et sociales à mettre en place un front antifasciste.

 

La Conférence nationale : un temps de discussion sur la stratégie du NPA-l’Anticapitaliste

Conformément à ses statuts, le NPA-l’Anticapitaliste a organisé une Conférence nationale, afin de déterminer son positionnement pour les élections présidentielles et législatives. Pour ce faire, quatre plateformes (PF) ont été enregistrées par son Conseil Politique National pour être proposées au vote des militant·es. Ces 4 plateformes partageaient une analyse commune de la situation et du risque majeur que représente l’extrême-droite, mais proposaient d’y répondre avec des tactiques différentes :

– La PF1 proposait de s’engager dans une démarche de rassemblement autour de la candidature de gauche susceptible d’arriver au second tour et de battre l’extrême-droite, ainsi que de construire avec toutes les organisations disponibles un front antifasciste.

– La PF2 proposait que le NPA-l’Anticapitaliste présente une candidature à la présidentielle, afin de défendre son orientation, mais de la retirer à la veille de l’élection en faveur de la candidature de gauche la mieux placée.

– La PF3 proposait de s’engager au plus vite dans un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et de poursuivre les discussions déjà commencées avec LFI pour engager le NPA l’Anticapitaliste dans cette campagne.

– La PF4 proposait que le parti présente une candidate lors de cette élection présidentielle, afin de pouvoir défendre son orientation unitaire et révolutionnaire.

Dans les premières semaines de juin, les 1100 militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste ont débattu de ces choix stratégiques dans le cadre d’au moins deux assemblées générales locales, puis ont voté sur les textes proposés et ont élu leurs délégué·es pour la Conférence nationale. Les débats ont porté sur trois questions principales :

– Comment faire face au péril majeur que constitue le risque d’une victoire électorale de l’extrême droite ?

– Comment parvenir à rassembler toutes les forces afin de pouvoir répondre, dans les urnes mais aussi dans la rue, aux actuelles dynamiques de fascisation ?

– Quel jugement faut-il porter sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon et comment penser les relations entre le NPA-l’Anticapitaliste et la France Insoumise ?

Les résultats du vote militant ont donné 37,6 % des voix pour la PF1, 2,3 % pour la PF2, 37,1 % pour la PF3, 19,6 % pour la PF4, le reste des suffrages se portant sur des abstentions, des NPPV ou des plateformes locales. L’hypothèse d’une candidature du NPA-L’Anticapitaliste ayant été retenue par moins d’un quart des militant·es de l’organisation, c’est autour des modalités du rassemblement souhaité par une large majorité que se sont organisées les discussions de la Conférence nationale, qui s’est tenue à Paris les 27 et 28 juin 2026. 

Un constat commun : le risque de la fascisation d’un système à bout de souffle

Les travaux de la Conférence nationale ont abouti à une déclaration qui a été votée par l’ensemble des délégué·es, ce qui constitue une première dans l’histoire du NPA-l’Anticapitaliste. Ce large rassemblement de l’organisation s’est fait autour d’un constat commun : le capitalisme est tenté par une logique de fascisation, qui constitue un danger majeur pour les exploité·es et les opprimé·es, mais aussi pour l’ensemble de la gauche politique et sociale.

Les délégué·es à la Conférence nationale ont rédigé un texte, qui fait le constat que le système capitaliste fait face à de multiples crises qu’il a du mal à gérer. Non seulement il est incapable de se réformer, mais il a surtout besoin de nouveaux reculs sociaux et écologiques pour redresser ses profits. Malgré l’épuisement des ressources de la planète, l’exploitation des travailleurs·euses et l’oppression des peuples, les capitalistes vivent plus que jamais dans une logique d’expansion sans fin, qui conduit à une dévastation sans cesse croissante de l’environnement et à la multiplication des guerres impérialistes contre les peuples.

Dans un contexte de crise, la bourgeoisie rencontre une difficulté majeure : la classe politique qui gère pour son compte le système, qu’elle se dise de droite ou de gauche, est profondément discréditée. C’est pourquoi le patronat est tenté de faire appel à l’extrême droite, qui se propose de remplacer la classe politique traditionnelle et a acquis beaucoup de crédibilité, puisqu’elle gère aujourd’hui une très grande partie du monde et les principaux impérialismes (USA, Russie, Inde, Turquie…). Signe très inquiétant : une partie notable du patronat et des grands milliardaires a déjà basculé, en mettant ses moyens au service de la fascisation de la société.

Les militant·es du NPA-l’Anticapitaliste sont toutes et tous conscient·es que, dans ce contexte, les élections de 2027 auront une importance majeure, puisque pour la première fois le Rassemblement national est en capacité de l’emporter. La situation est d’autant plus inquiétante que la constitution antidémocratique de la 5e République offre d’innombrables possibilités à un·e président·e néo-fasciste d’imposer un pouvoir autoritaire.

Tous les observateurs font le constat que l’extrême droite fascisante du RN pourrait mettre la main sur l’appareil d’État et prendre ainsi le contrôle de la police, de l’armée et des institutions judiciaires. Pour le NPA-l’Anticapitaliste, il s’agit là d’un péril majeur pour les exploité·es et les opprimé·es, pour le monde du travail et pour les racisé·es, les femmes, les personnes LGBTI+ et les minorités de genre dont l’extrême droite est le pire ennemi.

Malgré les sondages et les mauvaises augures, le NPA-L’Anticapitaliste considère que rien n’est joué. Ses militant·es ont appris de la victoire électorale du NFP, face à un RN que tout le monde donnait gagnant, que le pire n’est jamais certain et qu’il est possible de battre et de faire reculer l’extrême droite et ses idées mortifères.

Construire un front unique antifasciste

Pour réussir cet objectif, les délégué·es à la CN estiment que, comme en 2024, rien ne sera possible si nous ne parvenons à réunir, le plus largement et le plus démocratiquement possible, l’ensemble du mouvement ouvrier et en particulier la gauche de rupture. C’est pourquoi la CN du NPA-l’Anticapitaliste a décidé de lancer un appel à l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, écologiste, féministe, antiraciste, de la gauche de combat et des révolutionnaires afin de constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite, dans l’unité la plus large.

Ces cadres de résistances, qui doivent pouvoir rassembler des militant·es engagé·es ou non dans la campagne des présidentielles, mais aussi faire travailler ensemble des camarades ayant opté pour des candidatures éventuellement différentes à la présidentielle, sont indispensables quel que soit le résultat des prochaines élections. Si l’extrême droite arrive au pouvoir, il est important que des cadres militants soient déjà en place pour impulser les résistances. Si un candidat de gauche devait l’emporter, il est tout aussi indispensable que des fronts puissent être mis en place pour résister à la réaction de la bourgeoisie et des groupes néo-fascistes et imposer un programme de rupture.

Les délégué·es à la CN ont souligné que la résistance à l’extrême droite est une préoccupation largement partagée dans les milieux militants. Dans beaucoup de villes, des cadres locaux, des comités contre l’extrême droite ou la fascisation, sont déjà en place. Les collectifs militants, qu’ils soient syndicaux, féministes, antiracistes, en défense des droits des personnes LGBTI+, écologistes, sont mobilisés  contre la menace fasciste : collectifs intersyndicaux VISA, campagne “Dégager Bolloré”, collectifs unitaires de protections des initiatives militantes… Certains secteurs sont aussi mobilisés, en particulier chez les intellectuels (CRACS) ou dans les milieux artistiques (contre l’emprise de Bolloré sur les maisons d’édition, les cinémas indépendants). 

Plusieurs initiatives antifascistes nationales se mettent en place : celle du 13 juin, initiée par ATTAC, Copernic et Solidaires, l’appel pour une coalition antiraciste et antifasciste, lancé à l’initiative de l’Assemblée des quartiers, le rassemblement (à vocation nationale) contre le congrès du RN des 24 et 25 octobre à Orléans regroupant l’arc complet des organisations syndicales, politiques et associatives locales ou encore l’appel à mobilisation contre « le permis de tuer » qui s’est mis en place pour le 20 septembre et qui doit constituer un point d’appui et une échéance centrale de la rentrée. Ces initiatives restent encore trop segmentées, mais leur nombre montre qu’il existe une forte aspiration unitaire contre l’extrême droite, qui cherche un cadre efficace et large qu’il nous faut construire.

Pour la CN du NPA-l’Anticapitaliste, il faut multiplier ces initiatives, les développer quand elles existent, les regrouper lorsque c’est possible. La mobilisation de notre camp face à la menace de l’extrême droite va constituer l’enjeu majeur de la rentrée sociale et politique. 

Le choix du NPA-l’Anticapitaliste pour les présidentielles : une candidature de rassemblement pour répondre à l’urgence sociale et écologique

L’ensemble des délégué·es de la CN ont regretté l’absence de dynamique portée à la base, permettant la construction d’un front social et politique large sur un programme de rupture, comme cela avait pu s’amorcer au moment du NFP. Tout en déplorant cette situation, le NPA-L’Anticapitaliste fait le constat qu’à l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires et une dynamique militante pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes. 

La CN du NPA-l’Anticapitaliste a donc décidé de poursuivre les discussions que sa direction a initiées avec LFI, en donnant mandat à ses représentant·es pour trouver un accord permettant à notre organisation de s’inscrire pleinement dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Elle souhaite aussi rencontrer l’ensemble des organisations et courants de la gauche de rupture qui partagent notre orientation, afin que nous puissions ensemble construire un cadre permettant à chacune et à chacun de trouver sa place dans la campagne menée par LFI.

Tout en conservant son indépendance politique et organisationnelle, le NPA-l’Anticapitaliste propose donc de construire, avec LFI mais aussi avec l’ensemble des forces parties prenantes à cette campagne, des cadres d’actions et de décisions collectives et démocratiques, et ce à l’échelon local comme national. Pour gagner, la campagne doit se donner pour objectif de mettre en mouvement notre camp social, ce qui suppose qu’elle puisse être inclusive.

La CN a décidé qu’à l’issue des discussions qu’il mènera prochainement avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste se prononcera sur les formes de son engagement dans la campagne et les modalités de son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Unitaires, internationalistes et révolutionnaires

Si le NPA-l’Anticapitaliste souhaite prendre toute sa place, dans la rue comme dans les urnes, dans la lutte antifasciste qui va s’ouvrir avec la campagne présidentielle, il continuera toutefois à faire entendre sa voix unitaire et révolutionnaire, son internationalisme pour l’autodétermination des peuples et ses aspirations à la démocratie la plus large.

Dans les débats programmatiques qui vont s’ouvrir avec LFI et les autres forces de la gauche de rupture, la CN a donné mandat à la direction pour verser aux débats nos propositions en termes de revendications pour un programme de rupture anticapitaliste, notamment : 

  • face à la crise économique, le NPA-l’Anticapitaliste propose la réquisition des banques, la réduction du temps de travail et l’annulation des dettes publiques ; l’interdiction des licenciements et l’augmentation massive des salaires, le partage des richesses, le 100% sécu, la retraite à 60 ans, le développement et la gratuité des services publics à la hauteur face à la crise, pour un droit au logement digne effectif pour toutes et tous, etc. ; 
  • face à la crise écologique, le NPA-l’Anticapitaliste propose les transports publics gratuits, l’expropriation des multinationales, la sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire, une décroissance écosocialiste pour sauver la planète et le vivant. Fidèle à son orientation écosocialiste, le NPA-l’Anticapitaliste estime que seule une socialisation de la production et de la reproduction sociale décidée par tous et toutes peut permettre d’éviter la catastrophe ;
  • face à la crise démocratique, le NPA-l’Anticapitaliste propose la suppression de la fonction présidentielle et la fin de la 5e République, avec une assemblée constituante appuyée sur les mobilisations, contre les attaques liberticides et racistes ; pour l’égalité des droits, pour la liberté de circulation et d’installation et la régularisation des sans-papiers, contre les discriminations et l’islamophobie d’État ; pour l’autonomie de la jeunesse ; pour l’émancipation des femmes et des minorités de genre ;
  • face à l’impérialisme et au colonialisme, le NPA-l’Anticapitaliste propose une politique antimilitariste ; pour le droit à l’autodétermination des peuples et pour des solidarités internationalistes, de la Palestine à l’Ukraine, de l’Iran au Venezuela ; pour la décolonisation, à commencer par la Kanaky, et pour l’accession effective à l’indépendance de tous les peuples qui le revendiquent comme les peuples corse et basque.

Pour développer cette orientation, la CN a mis en place une direction de campagne, qui a vocation à travailler, dès la rentrée, pour engager les militant.es du NPA-l’Anticapitaliste dans une campagne dynamique, avec la production d’un matériel propre (livret programmatique, tracts, affiches, vidéos…) et une série de réunions publiques. Les militant·es se sont quitté·es en estimant que l’Université d’été du NPA-l’Anticapitaliste du 23 au 26 août devrait être un temps fort de débats avec les forces sociales et politiques, pour la construction d’un front antifasciste large et un engagement dans la bataille présidentielle et législative.

 

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